
Des hommes et des femmes d’affaires en Haïti se retrouvent désormais dans le viseur des autorités américaines. Selon nos informations Jean Philippe Baussan et Philippe Coles ont été sanctionnés par les États-Unis. Leurs visas ont été révoqués, a confirmé une source diplomatique à la station haïtienne. Ces mesures s’inscrivent dans une série d’actions entreprises par Washington contre des personnalités soupçonnées d’activités nuisibles à la stabilité d’Haïti.
Cependant, cette initiative américaine met une fois de plus en évidence le contraste saisissant avec l’inaction persistante de la justice haïtienne. Alors que des pays étrangers prennent des dispositions fermes contre certains individus accusés d’avoir fragilisé l’économie et alimenté la corruption, aucune enquête sérieuse ni poursuite judiciaire n’est menée localement. Ce laxisme institutionnel, devenu presque une norme, entretient un climat d’impunité qui ronge davantage la confiance des citoyens dans l’État de droit.
La justice haïtienne, en refusant d’assumer pleinement son rôle, envoie un signal dangereux en laissant des personnes qui ont commis des fautes graves sur le territoire sans conséquence. Une telle attitude affaiblit non seulement les institutions, mais elle encourage aussi la répétition des mêmes pratiques prédatrices et destructrices par d’autres acteurs économiques et politiques.
La lutte contre l’impunité en Haïti ne pourra progresser que si la justice assume enfin ses responsabilités. Faute de quoi, c’est une fois encore la communauté internationale qui continuera d’imposer des sanctions, tandis que l’État haïtien se contentera d’observer en spectateur passif, au détriment du peuple et de notre souveraineté nationale.



