
D’un ton calme, serein mais résolument ferme, avec des mots soigneusement choisis et pesés sur la balance de la dame aux yeux bandés, le Bâtonnier de l’ordre des avocats de Fort-Liberté a ouvert la boîte de pandore en exposant sur la place publique les fragments de vérité qui se murmuraient de bouche à oreille depuis l’assassinat de Maître Albert Joseph, survenu le 24 septembre 2025, sur la grande rue Espagnole de Ouanaminthe.
Dans un message préenregistré, publié sur les réseaux sociaux le lundi 10 novembre 2025, environ quarante huit (48) heures après les funérailles, le Bâtonnier Me Gaston Étienne a vigoureusement condamné les actes de violence et d’assassinat perpétrés contre Me Albert Joseph, tout en soulignant que l’insécurité généralisée qui règne dans le pays met en péril la vie de chaque citoyen. Il rappelle que la profession d’avocat est une profession libérale et chaque avocat est libre de plaider pour qui il veut, sans contrainte, car l’avocat n’est pas le dossier. Personne, affirme-t-il, ne doit être attaqué pour avoir plaidé contre un autre justiciable. Respecter les avocats est un devoir citoyen, et seule la justice, à travers le jugement et la condamnation des véritables coupables peut mettre fin à cette impunité.
Le Bâtonnier déclare par ailleurs que ni lui ni son épouse n’ont jamais été impliqués dans une quelconque malversation. S’il existe la moindre preuve d’un acte illégal de sa part, dit-il, quiconque en aurait connaissance doit aller le dénoncer et signer sa déclaration devant les autorités compétentes.
Il affirme également avoir appris de source fiable que certains proches (familles et amis) de Me Albert Joseph auraient engagé des tueurs à gages pour attenter à sa vie. Il dit ne pas en avoir peur et assure que cela ne l’empêchera pas de défendre son honneur et celui de sa famille, conformément à la loi. Selon lui, la mort de Me Albert ne donne à personne le droit d’inventer des mensonges ou d’instrumentaliser le drame à des fins politiques. Il considère comme une véritable malhonnêteté le fait que certains proches du défunt utilisent cette tragédie pour tenter d’éliminer des personnes longtemps inscrites sur leur liste d’ennemis. Il dit croire que la justice finira par faire toute la lumière pour toutes les victimes.
Au milieu de ces confusions et ces manœuvres multiples, Me Étienne dénonce sans détour la méchanceté et la mauvaise foi qui animent certains proches et amis du défunt, lesquels, selon lui, n’ont aucune volonté de rechercher la vérité judiciaire et préfèrent recourir au mensonge pour inciter à la violence. Il appelle les autorités à assumer leurs responsabilités face à ces dérives graves.
En retraçant les évènements entourant la nuit du meurtre de Me Albert, le Bâtonnier affirme avoir offert un soutien total et sans réserve à la famille, tant en sa qualité de parent par alliance qu’en tant que Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Nord-Est. Il raconte avoir accompagné la famille du commissariat à la clinique où Me Albert aurait rendu son dernier souffle. Il dénonce par la suite les pressions exercées par certains proches influents du défunt sur le Commissaire du gouvernement, Me Durant Charles Édouard, afin d’envahir son cabinet d’avocat, où ils ont semé le désordre sans toutefois trouver aucun indice pouvant l’incriminer lui ou sa famille. Une action illégale, souligne-t-il, car la loi interdit formellement toute intrusion dans un cabinet d’avocat en l’absence du Bâtonnier ou de son représentant.
Me Étienne précise que son beau-frère, le docteur Fritz Volmar, avait pris Me Albert Joseph sous ses ailes pendant ses études au Cap-Haïtien. Il rappelle également que M. Albert Pierre Paul Joseph, frère du défunt, avait été comme un ange gardien pour son épouse Michelle Adrien lorsqu’elle travaillait dans le Sud du pays. Aujourd’hui pourtant, dit-il, ces mêmes personnes font arrêter son épouse sans preuve dans le cadre de l’enquête sur cet assassinat. Le Commissaire Durand, dans une déclaration à AyiboPost, confirme d’ailleurs que l’arrestation de Michelle repose uniquement sur des allégations de la famille, sans élément matériel, alors que la loi exige des preuves lorsqu’il s’agit de priver un citoyen disposant de domicile fixe, d’activités professionnelles et d’ancrage socia de sa liberté.
Le Bâtonnier affirme que, contrairement aux informations diffusées laissant croire que les auteurs présumés du crime se seraient livrés volontairement, ce sont en réalité des proches du défunt qui sont allés eux-mêmes chercher ces personnes, non pas pour les conduire devant la justice mais pour les emmener chez eux, les battre et les torturer afin de les forcer à accuser ceux qu’ils avaient déjà désignés comme ennemis. Bien que ces individus aient affirmé ne rien savoir, la famille les a frappés à la tête, à la poitrine et même aux yeux pour obtenir des accusations fabriquées.
L’un des plus grands mensonges propagés par les proches de Me Albert, selon Me Gaston Étienne, est l’affirmation selon laquelle Rude Raphaël se serait livré et aurait avoué le crime. Un rapport de la CENAL (Commission Nationale d’Assistance Légale) prouve au contraire que Rude n’a jamais décidé de se livrer. Il a été enlevé de son domicile par la famille du défunt, torturé afin de lui extorquer un faux témoignage. Rude, rappelle Me Étienne, est un informateur bien connu de la police du département, et c’est ce même Rude qui, la veille de son arrestation, parcourait la ville avec des membres de la famille du défunt pour rechercher les véritables auteurs de l’assassinat. Les autorités policières et judiciaires de Fort-Liberté ont été stupéfaites de constater jusqu’où cette famille était prête à aller dans la fabrication de mensonges.
Selon le Bâtonnier, les proches du défunt savent si bien qu’ils mentent qu’ils n’osent jamais signer ou assumer leurs propos. Ils se cachent derrière de faux profils sur les réseaux sociaux ou utilisent des numéros inconnus pour diffuser des accusations. Mais lorsque la police tente de les joindre, ils refusent de répondre ou de signer leurs déclarations.
Me Étienne en a profité pour faire un rappel de procédure pénale aux proches du défunt qui se retranchent derrière la notion de clameur publique pour accuser des innocents. Il rappelle qu’une fois un dossier a été confié à un juge d’instruction, la clameur publique n’a plus aucune valeur juridique, une règle de base du Droit. Il les exhorte à ne pas se laisser manipuler et à ne pas proférer des affirmations qui ne reposent sur aucun texte légal. Il condamne également les propos obscènes tenus par certains avocats contre lui, qu’il considère comme une grave atteinte à la profession, notamment lorsque ces derniers répandent l’idée fausse selon lui que ce sont des avocats qui assassinent des avocats.
Me Etienne pointe du doigt l’ancien député Elusma Florvil et le vice-délégué Mirbel Charles, qui circulent avec un groupe d’individus cagoulés, armés illégalement — parmi lesquels figureraient des bandits notoires des personnes recherchées par la justice pour procéder à des arrestations abusives. Il dit être informé que ces individus exercent de fortes pressions sur des juges, le Commissaire du gouvernement et le directeur départemental de la police Nord-Est, prétendant être en mesure de contrôler la nomination des autorités judiciaires dans le nouveau Tribunal civil de Ouanaminthe grâce à l’appui supposé du conseiller Noyer Pierre Louis Massillon au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et du ministre de la justice Me Pélissier Patrick.
Tout l’entourage du défunt, sait parfaitement qu’il cherche à manipuler le processus d’ouverture du Tribunal civil de Ouanaminthe pour transformer cette institution en une boutique privée où ils comptent placer leurs propres commissaires, greffiers, juges et doyens, avec pour objectif d’installer un clan capable de contrôler la justice dans le Nord-Est, conclut-il.



