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Jacques Tamour Antoine, le prototype d’un homme dévoué à la transmission du savoir

Entre la douce brise de Ouanaminthe et les souffles chauds de la frontière dominicaine, naît un 17 avril un enfant que la vie a voulu réserver amour et tendresse. Jacques Tamour Antoine, ce journaliste, enseignant et écrivain porte en lui l’âme douce d’un enfant longtemps protégé et la force discrète de ceux que la vie façonne entre deux frontières (Haïti-République Dominicaine). Troisième né d’une fratrie unie, il grandit sous les regards aimants de sa mère, Juliana Auguste, et de son père, Pierre Jacques Antoine, qui ont sculpté ses premières valeurs.


Son enfance oscille entre Haïti et la République dominicaine, entre les bras de son père et le giron tendre de sa mère. Élevé dans la sécurité affective, Tamour est ce petit garçon qu’on nourrit avec patience et délicatesse, celui qui attendait presque religieusement le morceau de viande réservé par son père ou qui refusait de manger si l’on ne pensait pas d’abord à lui. Une fragilité charmante, une douce exigence, qui traduisait déjà la sensibilité profonde de l’homme qu’il deviendrait.


Ses premières années d’école se déroulent au collège Jean Calvin, institution reconnue pou sa délicatesse dans la transmission des savoirs fondamentaux. Plus tard, il poursuit son parcours au Lycée Capois La Mort, où il accomplit tout son cycle secondaire, de la septième année à la Terminale (NS4). Pourtant, derrière ce chemin studieux, un autre talent sommeille, celui de tailleur, un métier qui lui permettait déjà de gagner modestement sa vie.


Mais la vocation n’est jamais un chemin rectiligne. Inscrit d’abord en sciences juridiques à Fort-Liberté, il doute, hésite, remet tout en question. Était-ce un simple caprice d’étudiant ou un véritable appel ? Pour trouver la réponse, il prend la route du Cap-Haïtien et se tourne résolument vers les sciences de l’éducation, une voie qu’il achève en 2017.


Aujourd’hui, Jacques Tamour Antoine enseigne avec passion le français, les sciences sociales et la littérature dans plusieurs collèges et lycées de sa ville. Ancien instituteur au Collège Le Phare, et l’Union des Cœurs (pendant quatre années), il gravit lentement les échelons jusqu’à devenir professeur au secondaire. Son premier salaire, 2 500 gourdes, puis 12 500 par la suite, lui permettent même de bâtir sa première maison, fruit de discipline et de sacrifices.


Au-delà de l’enseignant, Tamour est un écrivain prolifique, un formateur pédagogique, un animateur radio et un journaliste engagé. Il fonde le CFAMR (Centre de Formation Aux Métiers de la Radio), une école où il transmet avec rigueur les clés du métier de la parole publique. Pourtant, malgré toutes ces réussites, il confie être de moins en moins inspiré par l’enseignement, l’appel des affaires vient désormais frapper à sa porte.


Curieusement, ni le journalisme ni l’enseignement n’étaient ses premiers amours. Il craignait ces métiers, pensant qu’ils n’étaient faits que de tensions, de risques et d’épreuves. C’est le regretté Wilner Altidor qui change le cours de sa vie en lui révélant le vrai visage du journaliste, consideré comme un veilleur, un témoin, un passeur de vérité.


Un autre professeur, dans son adolescence, avait presque brisé ses élans en lui affirmant que ceux qui font ces genres d’études sont des pauvres destinés à souffrir. Mais la vie, habilement, lui prouve le contraire. En 2008, refusé à la police pour la seule raison qu’il venait de Ouanaminthe, il revient chez lui, blessé mais pas vaincu, et se lance finalement dans l’enseignement. Une décision qui fera de lui un pilier pour des générations de jeunes.


Jacques Tamour Antoine est un homme réservé, effrayé par les foules, discret dans ses habitudes. Il boit à peine, ne fume pas, fuit les programmes bruyants. Son refuge c’est: la lecture, Internet, la pensée. Pourtant, derrière cette apparente solitude, se cache un cœur immense. Sa plus grande passion est d’aider les autres , surtout ceux qui sont en difficultés, convaincu que la vie n’offre rien par hasard.


Il conseille à tous les jeunes qui liront ce texte de rester positifs et de viser haut, car la vie ne fait pas de cadeaux. «Tout ce que tu obtiens, tu le mérites, parce que tu as travaillé pour l’avoir. Va à l’école, apprends un métier cela te sera utile demain», affirme-t-il.

«Toutes les personnes que tu vois réussir aujourd’hui sont peut-être celles qui ont le plus souffert hier. Si tu n’apprends pas à affronter les difficultés tôt, tu risques d’être fragilisé plus tard. Bats-toi toujours, car le jour où tu abandonnes n’est pas celui où tu meurs : ton dernier jour sur cette terre révélera beaucoup de choses sur ton parcours et ta valeur», a-t-il conclu.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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