
La publication des messages en provenance de l’Ambassade du Canada et du chargé d’affaires américain a révélé un niveau inquiétant de pression diplomatique exercée sur le Conseil Présidentiel. Les messages exigent clairement qu’aucune initiative ne soit prise pour remplacer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, sous menace de sanctions directes.
Dans le message d’Henry Wooster, le chargé d’affaires américain affirme que Washington considère Fritz Jean comme membre d’un groupe cherchant à renverser le Premier ministre. Il le met en garde, lui et sa famille, contre une détérioration de leurs relations avec les États-Unis s’il n’obéit pas. Un ton inhabituellement autoritaire, qui dépasse largement les usages diplomatiques.
Face aux accusations selon lesquelles il aurait été sanctionné pour collusion avec des gangs, Fritz Jean a publié une mise au point ferme. Il accuse directement le Premier ministre d’instrumentaliser les chancelleries étrangères afin de faire taire ceux qui critiquent l’inefficacité du gouvernement, notamment en matière de sécurité et de gestion des ressources.
Il y a un élément troublant demeure, c’est la solitude de Fritz Jean au sein du CPT. Seul le conseiller Lesly Voltaire s’est affiché à ses côtés, tandis que les autres membres gardent le silence. Cela soulève des questions sur un manque de solidarité ou sur d’éventuelles pressions internes supplémentaires.
Les messages de l’ambassade du Canada vont dans la même direction, avertissant que toute tentative de remplacer le Premier ministre pourrait déclencher des sanctions. Cette attitude laisse penser que certaines décisions strictement nationales sont traitées comme si elles dépendaient d’acteurs étrangers.
Cette affaire relance un débat crucial sur la souveraineté haïtienne. Lorsque des diplomates utilisent des menaces pour influencer des choix politiques internes, cela affaiblit les institutions du pays. La mise au clair de Fritz Jean rappelle l’importance de la protection de notre souveraineté décisionnelle d’Haïti face à une diplomatie devenue trop intrusive.



