
Selon des informations publiées par Port-au-Prince Post, les conseillers Fritz Jean, Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles et Smith Augustin ont apposé leur signature au bas du document, malgré de fortes pressions américaines exercées pour empêcher cette démarche. Cette séquence politique, survenue tard dans la nuit, illustre un pouvoir transitoire sous tension permanente, naviguant entre influences étrangères et luttes internes.
D’après Port-au-Prince Post, qui cite une confirmation téléphonique de la conseillère-présidente Leslie Voltaire à deux heures du matin, les conseillers-présidents n’ont pas cédé aux injonctions venues de Washington. Cette information met en lumière une réalité persistante de la gouvernance haïtienne. L’ingérence directe ou indirecte des États-Unis dans les décisions politiques majeures du pays. Si la résistance affichée par certains membres du CPT peut être perçue comme un acte de souveraineté, elle intervient toutefois dans un contexte institutionnel déjà profondément fragilisé.
Le fait même que des pressions étrangères puissent s’exercer sur un organe censé incarner la transition et la stabilité politique démontre l’extrême vulnérabilité de l’État haïtien. Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulièrement préoccupante lorsque les décisions internes les plus sensibles, comme la révocation d’un Premier ministre, semblent conditionnées par des rapports de force diplomatiques. Cela confirme l’incapacité chronique de la classe politique haïtienne à construire des institutions réellement autonomes et crédibles.
Par ailleurs, la menace évoquée contre le conseiller-président Laurent Saint-Cyr, qui risquerait d’être écarté s’il refusait d’ordonner la transmission de la résolution aux Presses nationales, met en évidence les divisions internes et le climat de méfiance au sein du CPT. Loin d’incarner une rupture avec les pratiques du passé, le Conseil présidentiel de transition apparaît comme une reproduction des mêmes schémas de conflits, d’exclusions et de calculs politiques à courte vue, au détriment de l’intérêt national.
En définitive, cette affaire symbolise l’échec total de la classe politique haïtienne à assumer la mission historique qui lui incombe dans cette phase de transition. Entre dépendance à l’égard des puissances étrangères, absence de vision commune et incapacité à répondre aux urgences du pays, le CPT s’inscrit dans la continuité d’un système politique à bout de souffle. Tant que les décisions fondamentales resteront exposées aux ingérences extérieures et aux querelles internes, Haïti demeurera prisonnière d’une transition sans fin, éloignée des aspirations profondes de sa population.
Source : Port-au-Prince Post



