
Le maire de la commune frontalière de Dajabón, Santiago Riverón, a dénoncé ce mardi des pressions et des tentatives de chantage exercées, selon lui, par des commerçants et certaines autorités à la suite des mesures municipales visant à réglementer l’entrée des tricycles haïtiens, communément appelés « moto à trois roues ». Ces dispositions, adoptées par l’exécutif municipal, s’inscrivent dans une volonté affichée de mieux encadrer la circulation des véhicules étrangers dans cette zone commerciale et stratégique de la frontière dominico-haïtienne.
La mairie de Dajabòn a précisé que la nouvelle décision impose notamment l’obtention d’un permis de circulation pour les tricycles en provenance d’Haïti souhaitant opérer dans la commune. Cette décision, qui vise à renforcer le contrôle administratif et le recouvrement des droits municipaux, a suscité la grogne de transporteurs haïtiens. Ces derniers auraient entrepris des actions de pression pour freiner l’application des lois dominicaines sur le territoire de Dajabón.
Dans une déclaration ferme, le maire Riverón a affirmé que certains groupes menaçaient de fermer la frontière et de paralyser les activités commerciales du marché binational. « Nous n’autoriserons pas le chantage ou la pression », a-t-il martelé, dénonçant également l’attitude de responsables dominicains qui, selon lui, cèdent systématiquement face à ces revendications lorsque la République dominicaine tente d’imposer l’ordre et le respect des normes en vigueur.
Depuis lundi, les propriétaires de tricycles ont refusé de traverser le marché frontalier pour transporter les marchandises achetées par leurs compatriotes, utilisant ce boycott comme moyen de pression. Ce mardi, le point de passage frontalier demeure placé sous haute surveillance des militaires du Corps spécialisé en sécurité des frontières (Cesfront). Du côté haïtien, un important dispositif de sécurité a également été déployé par la police nationale afin de prévenir tout débordement lié aux protestations des transporteurs.



