
La nomination de Me Stevenson Jacques Thimoléon à la tête du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) apparaît comme une volonté politique de redressement. L’institution, stratégique pour l’État haïtien, demeurait fragilisée par des années de controverses sur la gestion des fonds publics et son rôle dans le dossier sensible de PetroCaribe.
Installé le 25 mars 2026, l’ancien député s’est immédiatement heurté à une réalité administrative préoccupante. Il décrit une structure ravagée par des dysfonctionnements internes et une masse salariale jugée disproportionnée. Ce déficit de gouvernance, hérité des gestions de l’ancien DG Ignace SAINT-FLEUR, compromet l’efficacité même de l’organisme et engendre une défaillance générale de l’institution.
Confronté à cet état des lieux très alarmant, le nouveau directeur général a annoncé une «restructuration de dernière chance ». Cette réforme radicale se traduit par une vague significative de révocations touchant plusieurs dizaines d’employés et de contractuels. La suppression de plus d’une centaine de postes marque une rupture nette avec les pratiques passées.
Au-delà de la réduction des coûts, cette décision vise à restaurer la crédibilité du BMPAD dans la gestion de l’aide au développement. Me Thimoléon entend imposer une culture de transparence et de performance. Cependant, cette stratégie de rupture pourrait générer des tensions sociales et politiques dans un climat national déjà marqué par une forte instabilité.
Reste à savoir si cette cure d’austérité suffira à sauver une institution à la réputation peu orthodoxe. Entre impératif de réforme et résistance interne, le pari s’annonce périlleux où le BMPAD pourrait devenir le théâtre d’un affrontement décisif.



