
L’Ordre des avocats du barreau de Ouanaminthe a procédé, le 18 avril 2026, à l’élection de un nouveau Conseil de l’Ordre, à l’issue d’une Assemblée générale élective tenue dans la salle d’audience du Tribunal de Première Instance. Réunis au nombre de quarante-trois, les membres de la corporation ont porté à la tête du barreau Maître Joseph Edgar Dumay, désormais Bâtonnier, entouré d’une équipe composée notamment de Maître Corinthe Augustin, Secrétaire, et de Maître Antonise Elie, Trésorière, ainsi que de plusieurs conseillers appelés à accompagner la gouvernance de l’institution.
La nouvelle composition du Conseil de l’Ordre inclut également Maîtres Abellard Schoull’s Schiller Jean, Wilsaint Joseph, Jocelyn Jean, Wislin Fidèle, Elizabeth Desgrviers, Vionette Surfin, Joseph Saintilma, Celucsa Cheristil et Dufène Joanus, tous investis de la mission de contribuer à la régulation et à la dignité de la profession dans la juridiction pour une durée de deux ans. Cette élection intervient dans un contexte particulièrement délicat, marqué par des dissensions internes et une fragmentation institutionnelle préoccupante.
En effet, la juridiction de Ouanaminthe se retrouve aujourd’hui dans une situation inédite avec l’existence de deux barreaux parallèles, chacun doté de son propre Conseil de l’Ordre. Une première structure avait été constituée autour de Maître Justafort Mompremier, dans un climat de vives contestations. La récente élection de Maître Joseph Edgar Dumay vient ainsi consacrer une nouvelle dynamique, mais sans pour autant dissiper les tensions qui minent l’unité au sein de la basoche locale.
Des voix critiques s’élèvent toutefois quant à la légitimité et à la crédibilité de la branche dirigée initialement par Maître Mompremier. Selon plusieurs observateurs, cette structure souffrirait d’un déficit de qualification, certains de ses membres étant accusés de ne pas remplir les conditions requises pour exercer la profession d’avocat, voire d’usurper ce titre. Une situation qui fragilise davantage l’image de la profession et alimente les controverses au sein du milieu judiciaire.
À l’inverse, le groupe conduit par Maître Joseph Edgar Dumay apparaît comme majoritaire et composé d’avocats régulièrement admis et qualifiés. Ce clivage met en lumière une crise profonde de gouvernance au sein du barreau de Ouanaminthe, d’autant plus préoccupante que la loi du 29 mars 1979 régissant la profession d’avocat stipule clairement qu’une juridiction ne peut être dotée que d’un seul barreau. Dans ce contexte, la nécessité de rétablir l’ordre institutionnel et le respect des normes légales s’impose comme une urgence pour préserver la crédibilité de la justice et la noblesse de la profession d’avocat dans cette région.



