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Misé sur la mauvaise presse de l’ex-député Elusma Florvil et son équipe, pasteur Moise Joseph joue la carte de la manipulation

Depuis ce matin, l’affaire Moise Joseph secoue l’opinion publique. Ce pasteur, ancien coordonnateur du mouvement KPK, se trouve aujourd’hui au cœur d’un dossier judiciaire grave selon lequel un camion appartenant à son entreprise est impliqué dans un accident tragique ayant coûté la vie à trois personnes le 21 août 2025 sur la route nationale #6, au niveau de Morne Casse. Au lieu d’assumer cette tragédie et de collaborer pleinement avec la justice, il choisit de brouiller les pistes et d’agiter l’opinion.

Sa stratégie est classique, il essaie de se poser en victime pour éviter de répondre de ses responsabilités juridiques. Moise Joseph tente de rallumer les braises de la nostalgie KPK, ce mouvement qui fut jadis porteur d’espoir et de solidarité populaire, mais qui, depuis, a perdu sa crédibilité. En jouant sur la corde sensible de la production nationale et sur la méfiance généralisée envers la classe politique, il espère détourner l’attention de sa responsabilité directe.

Pire encore, le pasteur choisit la désinformation comme arme. Dans une vidéo devenue virale, il affirme que deux « fondés de pouvoir » seraient derrière une sommation à son encontre. Or, ces deux avocats sont connus de la basoche, Me Joseph Albert et Me Abellard Schiller Schoull’s Jean, régulièrement inscrits au Barreau de Fort-Liberté. Ces mensonges à répétition ne sont pas des erreurs de communication ; ils traduisent une volonté claire de manipuler l’opinion.

L’argumentaire de monsieur Moïse tombe encore plus bas lorsqu’il tente de politiser cette affaire, en associant désespérément Me Albert Joseph avocat de la CODEVI comme un opposant à la construction du canal sur la rivière massacre. Un amalgame grossier, destiné à donner à cette affaire judiciaire un parfum de complot politique. Cette manipulation est d’autant plus dangereuse quand il essaie d’ instrumentaliser une tragédie humaine au profit de ses intérêts personnels.

Pourtant, la réalité du drame est implacable. Deux jeunes hommes, Guempson Saintilord et Jimmy Fils Otalus, ont perdu la vie dans cet accident. Le conducteur a pris la fuite, aggravant ainsi sa faute. Les familles, effondrées, réclament une réparation de 60 millions de gourdes. Ce montant, loin d’effacer leur douleur, vise au moins à rappeler que la vie humaine a une valeur, et que l’irresponsabilité et la méchanceté ne peuvent rester impunie.

Dans un pays où la justice est trop souvent bafouée, ce dossier met en lumière un double défi, d’abord rendre justice aux victimes et aussi déjouer les manœuvres de ceux qui pensent pouvoir se placer au-dessus de la loi. L’activiste Edtz-Analdo Daniel l’a bien résumé dans une publication sur compte Facebook : « Dura lex, sed lex ». La loi peut être dure, mais elle doit être respectée. Ni le passé glorieux d’un mouvement, ni les discours enflammés, ni la manipulation de l’opinion ne devraient prévaloir sur la vérité judiciaire.

Moise Joseph, en cherchant à politiser un accident routier tragique, prouve son incapacité à assumer ses responsabilités. Or, un leader religieux digne de ce qu’il prétend être ne se cache pas derrière des mensonges, il a l’obligation d’en faire face, même dans la tempête.

Aujourd’hui, plus que jamais, il appartient à la justice de trancher avec impartialité. Mais il revient aussi à la société civile, aux médias et aux citoyens de ne pas tomber dans le piège de la manipulation. Car si nous laissons les stratagèmes de ce pasteur (soi-disant) primer sur la douleur des familles en deuil, alors nous sommes en train d’embarquer sur une voie dangereuse : « celle où la justice n’a plus d’importance».

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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