
Le comportement du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Fritz Patterson Dorval, dans la gestion des dossiers concernant l’ancien sénateur Nenel Cassy soulève de sérieuses inquiétudes quant au fonctionnement des institutions judiciaires, au respect de la loi et à la responsabilité de l’État dans la garantie d’une justice équitable pour tous les citoyens. Selon les informations relayées par la FJKL (Fondasyon Je Klere), plusieurs dossiers d’une importance majeure semblent être laissés en suspens, sans avancée, alors qu’ils avaient pourtant été régulièrement transmis au parquet.
La FJKL met en évidence, entre autres, les dossiers portant sur l’assassinat de Jacques Pierre Matilus ainsi que celui de l’ULCC relatif à l’enrichissement illicite de Nenel Cassy. Dans ces affaires, le juge d’instruction avait déjà acheminé son réquisitoire au parquet. Pourtant, le Commissaire du Gouvernement ne les a jamais renvoyés au juge instructeur, bloquant ainsi le processus judiciaire.
La situation devient encore plus préoccupante lorsque l’on se rappelle la libération jugée illégale de Nenel Cassy par l’ancien Commissaire du Gouvernement. Après cet épisode, l’actuel Commissaire avait publiquement promis de transmettre à nouveau le dossier au cabinet d’instruction. Or, jusqu’à présent, selon la FJKL, aucune action concrète n’a été posée, laissant planer de sérieux doutes sur la disparition de ces dossiers au sein du système judiciaire.
Si ces éléments se confirment, ils révèlent des pratiques contraires à la loi, menaçant gravement la lutte contre l’impunité en Haïti. Celui qui devrait être le garant du bon fonctionnement de la justice apparaît plutôt comme un acteur de blocage, affaiblissant la confiance du public dans les institutions judiciaires et renforçant la capacité des groupes criminels à agir en toute impunité.
La FJKL souligne avec force et persiste : «si le parquet a perdu, négligé ou volontairement entravé le suivi des dossiers élaborés grâce au travail rigoureux de la DCPJ, il porte une lourde responsabilité dans l’insécurité croissante qui ravage le pays». Lorsque les institutions censées protéger la population deviennent elles-mêmes des obstacles à la justice, c’est toute la société qui en paie le prix.
Dans cette perspective, le comportement du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Fritz Patterson Dorval, doit faire l’objet d’une investigation sérieuse. En cas de manquement ou d’actes délibérés visant à entraver les procédures judiciaires concernant un ancien acteur politique.



