
En 2023, au lancement du programme humanitaire de l’administration de Joe Biden en faveur d’Haïti, plusieurs milliers de ressortissants haïtiens ont pu compter sur le soutien de certains proches établis à l’étranger pour quitter le pays dans l’espoir de meilleures perspectives de vie. Cette initiative a favorisé de nombreuses mobilités, y compris parmi des agents des forces de l’ordre qui ont choisi d’abandonner leurs fonctions pour tenter leur chance hors des frontières nationales.
Toutefois, depuis le retour d’une politique migratoire plus restrictive associée à l’administration de Donald Trump, la situation des migrants s’est considérablement durcie. Les expulsions, la suppression de permis de travail et la précarisation administrative ont plongé de nombreux foyers dans des difficultés financières, incapables de couvrir leurs dépenses essentielles et dépendants du soutien de leurs réseaux familiaux.
Au cours des derniers mois, ces contraintes ont conduit certains citoyens haïtiens à opter pour un retour volontaire au pays. D’autres ont choisi de rejoindre des destinations alternatives, notamment le Canada ou le Brésil, illustrant la diversification des trajectoires migratoires face à l’incertitude croissante aux États-Unis.
Dans ce contexte, plusieurs policiers haïtiens interrogés ont exprimé leur disposition à regagner le territoire national, à condition que l’institution puisse leur garantir la réintégration dans leurs fonctions, ainsi que la récupération de leurs postes et avantages professionnels. Certains affirment avoir déjà entrepris des démarches formelles, notamment par voie écrite, afin de manifester leur volonté de retour.
Ces témoignages mettent en lumière les répercussions complexes des politiques migratoires internationales sur la mobilité des professionnels haïtiens et sur la stabilité institutionnelle du pays. Entre espoir d’intégration à l’étranger et désir de contribuer à la reconstruction nationale, la question du retour et de la réinsertion demeure un enjeu majeur pour les autorités comme pour les migrants concernés.



