
La scène politique haïtienne traverse une nouvelle zone de turbulence, marquée simultanément par des sanctions américaines contre le conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean et par un vote controversé visant à renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon les informations venant d’une source proche du CPT , seuls trois membres du Conseil Présidentiel de Transition avaient initialement voté pour cette résolution a savoir Fritz Alphonse Jean, Edgar Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, un nombre insuffisant pour atteindre la majorité qualifiée de cinq voix sur sept.
Fait notable, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles, qui figurait parmi les trois votants, a retiré son vote lors d’une réunion tenue lundi à la Villa d’Accueil, évoquant une erreur d’appréciation. Cette volte-face a immédiatement fragilisé la crédibilité du processus et ouvert la voie à un autre scénario privilégié par plusieurs conseillers, celui d’un simple remaniement ministériel plutôt qu’un renvoi pur et simple du Premier ministre.
Cette dynamique interne survient alors que les États-Unis venaient tout juste d’annoncer des sanctions contre Fritz Alphonse Jean, l’un des protagonistes du vote initial. Washington l’accuse de soutenir des groupes armés et de nuire aux efforts visant à combattre les organisations terroristes. Pour de nombreux observateurs, la proximité temporelle entre ces sanctions et le vote controversé soulève l’hypothèse d’une coïncidence troublante susceptible d’avoir influencé, directement ou indirectement, le rapport de forces au sein du Conseil Présidentiel.
Si aucun lien officiel n’a été établi, certains analystes avancent que les sanctions américaines ont pu créer un effet de pression ou de dissuasion parmi les conseillers, poussant certains à reconsidérer leurs positions. Dans un contexte d’instabilité politique et de méfiance généralisée, chaque intervention extérieure semble désormais peser lourd dans les prises de décision nationales.
Une nouvelle réunion entre les conseillers et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est prévue très bientôt afin de statuer définitivement sur la question. En attendant, cette double actualité sanctions internationales et tensions institutionnelles alimente les spéculations et confirme la fragilité de politique haïtienne laissée à la merci de l’ingerence internationale comme au temps de la colonisation (colonie/métropole)



