
Sous les couleurs vives du drapeau vénézuélien, des milliers de manifestants ont envahi les principales artères de Caracas ces derniers jours pour demander la libération immédiate de l’ancien président Nicolás Maduro, enlevé selon eux par une opération militaire américaine en début de semaine.
Appelés par des collectifs populaires, des syndicats, des organisations sociales et des groupes bolivariens, les vénézuéliens ont scandé en chœur : « Maduro, tiens bon, le Venezuela se soulève ! », affirmant ainsi que leur combat dépasse l’individu pour embrasser la souveraineté nationale et l’autodétermination du peuple.
La mobilisation s’est déroulée en parallèle à l’investiture de Delcy Rodríguez comme présidente par intérim, à un moment de grande incertitude pour la nation. Maduro et sa femme Cilia Flores ont été transférés à New York où il a plaidé non coupable devant un tribunal américain, qualifiant son arrestation de « kidnapping politique » et rejetant toutes les accusations qui pèsent contre lui. »
Pour de nombreux manifestants, l’intervention américaine constitue une violation flagrante de la souveraineté populaire. Sur des pancartes et banderoles, on pouvait lire des messages dénonçant l’« impérialisme » et les «interventions étrangères déguisées en justice internationale », ainsi que des accusations directes contre des responsables politiques américains.
Au-delà des slogans, cette mobilisation s’inscrit dans une longue tradition de luttes sociales au Venezuela, où les mouvements populaires ont joué un rôle central dans les grandes transformations politiques du pays. La foule, composée de jeunes, de travailleurs, de femmes engagées et de militants sociaux, a exprimé une défiance profonde vis-à-vis des intentions extérieures et a appelé à un dialogue international respectueux des principes démocratiques.
Les organisateurs ont insisté sur le fait que leur mouvement n’est pas une simple expression de nostalgie pour un dirigeant, mais plutôt une revendication collective de justice, de dignité et de respect des institutions vénézuéliennes.
Alors que des images sensationnelles circulent massivement sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos et photos ont été démenties ou identifiées comme hors contexte, soulignant les défis d’une narration médiatique fragmentée et polarisée. De fausses représentations de célébrations ou de scènes spectaculaires alimentent une bataille de récits où la vérité du terrain se perd parfois dans le bruit numérique.
Des organisations de lutte contre la désinformation ont spécifiquement noté que certaines vidéos, largement partagées comme preuve de soutien populaire à l’intervention américaine, en réalité provenaient d’événements antérieurs sans rapport avec la situation actuelle.
Alors que Caracas continue d’affirmer son attachement à la justice sociale, la manifestation de ces derniers jours illustre une société profondément mobilisée, déterminée à faire entendre sa voix dans un contexte de tensions internationales exacerbées. L’avenir du pays reste incertain, mais ce qui est clair, c’est que le débat politique au Venezuela ne se résume pas à des images virales ou à des récits unilatéraux, mais bien à une lutte vivante pour la dignité, la souveraineté et le respect des choix populaires.



