
Ce 30 septembre 2025, une décision forte est sortie des bureaux de la délégation départementale du Nord-Est. Dans une lettre officielle signée par le délégué départemental, Dionel Germain, et adressée à M. Pierre Richard Cyprien, responsable national de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP), il exprime une profonde inquiétude face à la manière dont les agents de la BSAP circulent librement avec des armes de gros calibre, sans aucun contrôle sérieux. Dans un contexte déjà marqué par la recrudescence des actes criminels, cette prise de position courageuse apparaît comme une bouffée d’oxygène et un pas décisif vers la restauration de l’ordre et de la sécurité.
Le délégué Germain a eu raison de rappeler une vérité fondamentale: «porter l’uniforme de la BSAP ne donne pas le droit automatique de manier des armes lourdes». Cette confusion crée un terrain fertile pour les abus, l’intimidation et, pire encore, elle transforme des agents censés protéger des vies et des biens en sources potentielles de menaces pour les citoyens. Exiger une clarification immédiate n’est pas seulement un acte administratif , c’est un devoir moral et une obligation de responsabilité publique.
Cette lettre va plus loin en exigeant un inventaire complet et rigoureux de tous les agents affectés dans le Nord-Est ainsi toutes les armes en leur possession. Nom, prénom, NIF, numéro CIN, lieu d’affectation, casier judiciaire, marque, calibre et numéro de série des armes doivent être fournis dans un délai de 72 heures. C’est une mesure de transparence indispensable, mais surtout une exigence vitale pour les autorités du département qui doivent garder le contrôle exclusif du monopole de la force. Dans un pays déjà inondé par les armes, ignorer cette dangereuse réalité c’est jouer avec le feu.
Certains hommes de lois aussi avisés que prévoyants saluent la décision stratégique du délégué Germain d’envoyer une copie conforme de cette correspondance au Ministre de l’Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé, au directeur départemental de la Police Nationale Jacques Antoine Etienne et au commissaire du gouvernement de Fort-Liberté Charles Edouard Durant. Par ce geste, la délégation montre clairement qu’elle veut placer la sécurité de la population au-dessus de toute complicité et machination politique aux fins d’instaurer une véritable coordination interinstitutionnelle. Sans cette synergie, le pari sécuritaire du Nord-Est court un grand risque.
Il est clair qu’aujourd’hui personne ne peut fermer les yeux sur ce danger imminent. La circulation incontrôlée d’armes automatiques par des agents non soumis à un strict encadrement légal menace directement la stabilité du Nord-Est. Cette situation est une bombe à retardement qui risque d’exploser à tout moment. Une frange conséquente de la population nordésienne condamne fermement cette dérive qui ne fait qu’aggraver l’insécurité et saper la confiance de la population envers les forces de l’ordre.
En conclusion, le geste de la délégation départementale doit servir d’exemple. Il rappelle que l’autorité publique ne peut pas se taire devant l’illégalité. Défendre la sécurité des citoyens, c’est défendre leur dignité et leur droit fondamental à vivre sans peur. Les armes dans les mains des agents publics ne doivent jamais devenir une menace, mais un outil de protection demeurant sous le contrôle strict de la loi. C’est à ce prix seulement que le pays peut espérer tourner la page de l’insécurité chronique et reconstruire un climat de confiance.



