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Le vice-délégué Mirbel Charles et l’ex-député Élisma Florvil risquent la peine des travaux forcés à perpétuité pour séquestration et torture

Selon des sources judiciaires proches du dossier, le vice-délégué de Ouanaminthe, Mirbel Charles, et l’ancien député Élisma Florvil, pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires dans les prochains jours pour des faits de séquestration assortie de torture corporelle sur la personne de Rude Raphaël, un informateur de la Police Nationale d’Haïti.

Cette information fait suite à la plainte déposée le 12 novembre 2025 par Me Gaston Étienne, Bâtonnier du Barreau de Fort-Liberté, qui accuse ces deux personnalités publiques et leurs complices d’avoir enlevé, séquestré et torturé la victime le 29 septembre dernier, dans le but de lui faire endosser de faux aveux concernant l’assassinat de l’avocat Me Albert Joseph.

D’après nos informations, le Cabinet d’instruction du Tribunal de Première Instance de Fort-Liberté aurait déjà recueilli plusieurs éléments substantiels, notamment: le procès-verbal des déclarations de la victime enregistré à la Direction Générale des Impôts (DGI) ; des témoignages écrits et oraux de témoins oculaires, dont Henry Yacinthe, Pierre Prophète, Thelusmon Jean-Baptiste et Arnold Jean Baptiste e une vidéo attestant de la séquestration et de la sortie de la victime des mains de ses tortionnaires.

Ces pièces, jointes à la plainte, constitueraient des preuves tangibles accablant les mis en cause, ce qui expliquerait la célérité de la procédure qui devrait être engagée dans le cadre de cette affaire.

En effet les faits reprochés, tels que: séquestration, torture, voies de fait et tentative de meurtre sont prévus et punis par les articles 291 à 293 du Code pénal haïtien, qui prévoient notamment la peine des travaux forcés à perpétuité en cas de torture corporelle ou de menaces de mort lors d’une séquestration.

Par ailleurs, Me Gaston Étienne a également signalé dans sa plainte avoir reçu des menaces de mort de la part de proches de la famille de Me Albert Joseph, ainsi que des manœuvres d’intimidation visant des magistrats du tribunal. Des enquêtes parallèles pourraient être ouvertes concernant ces allégations.

À ce stade, ni Myrbel Charles ni Élisma Florvil n’ont officiellement réagi à l’annonce de possibles poursuites. Leurs avocats, si ils en ont déjà désigné, ne se sont pas encore exprimés publiquement.

La société civile et les organisations de défense des droits humains, dont le RNDDH et la Fondasyon Je Klere (FJKL, suivent ce dossier avec une attention particulière. Pour beaucoup, cette affaire représente un test crucial pour l’État de droit en Haïti, où l’impunité et la violence extrajudiciaire restent des défis majeurs.

Dans le cas où des mandats d’arrêt ou les convocations seraient effectivement décidés, les prévenus devraient comparaître devant le juge d’instruction dans les jours à venir. La procédure pourrait ensuite évoluer vers un renvoi devant le tribunal correctionnel ou criminel, en fonction de la qualification retenue.

Une audience publique serait attendue avec intérêt, tant par la population locale que par les observateurs nationaux et internationaux, soucieux de voir la justice haïtienne fonctionner de manière indépendante et impartiale, même lorsque des personnalités influentes sont mises en cause.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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