
Alors que la transition politique en Haïti devrait prioritairement se concentrer sur l’organisation rapide d’élections crédibles, des signaux inquiétants émergent autour de la volonté du Premier ministre intérimaire, Alix Didier Fils-Aimé, de modifier la composition du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Selon des informations relayées par Radio Télé Métronome, le chef du gouvernement envisagerait un remaniement de cette institution clé du processus électoral, une initiative qui suscite déjà de vives inquiétudes dans les milieux politiques et diplomatiques.
D’après ces révélations, le Premier ministre aurait initialement compté sur le calendrier et le décret électoral pour maintenir son influence au pouvoir au-delà du 7 février. Toutefois, depuis son installation comme principal responsable de l’exécutif, sa position aurait évolué vers la promotion d’un remaniement du CEP. Certains de ses proches soutiendraient activement cette orientation, considérant qu’un changement dans la composition de l’institution électorale serait nécessaire.
Cependant, cette perspective rencontre une forte opposition de la communauté internationale, qui s’oppose fermement à toute modification de la structure actuelle du CEP. Selon une source diplomatique citée par la presse, le Premier ministre aurait déjà été informé lors d’une rencontre récente que toute tentative de remaniement pourrait être perçue comme un obstacle au processus électoral. Officiellement, le chef du gouvernement nie ses ambitions sur un tel projet, tout en affirmant que certains partis politiques auraient formulé cette demande.
Au-delà des démentis officiels, cette situation nourrit un climat de suspicion quant aux véritables intentions du pouvoir en place. Pour de nombreux observateurs, toute tentative de modifier le CEP à ce stade du processus risque de provoquer un retard considérable dans l’organisation des élections. Or, chaque report du calendrier électoral prolonge mécaniquement la durée de la transition et permet aux autorités actuelles de conserver plus longtemps les rênes de l’État.
Dans un pays déjà fragilisé par l’instabilité politique et économique, une telle manœuvre serait lourde de conséquences. Plusieurs critiques dénoncent par ailleurs les dérives de la gouvernance actuelle, notamment la signature de contrats jugés léonins qui pourraient hypothéquer l’avenir de plusieurs générations. Retarder les élections par des changements institutionnels controversés reviendrait non seulement à compromettre la crédibilité de la transition, mais aussi à bloquer les perspectives de redressement et de développement que le pays pourrait enfin espérer sous la direction de dirigeants véritablement responsables et légitimes.



