
Dans un climat politique déjà fragile, le conseiller présidentiel Smith Augustin tente, contre toute attente, de se positionner pour prendre la tête du Conseil Présidentielle de Transition (CPT) avant même la fin de son mandat. Cette démarche, motivée par des intérêts personnels plutôt que par l’intérêt de la nation, a suscité l’indignation au sein du CPT parce que M. Augustin fait l’objet d’accusations sérieuses de corruption.
Selon certaines informations, la tentative de Smith Augustin de remplacer le président tournant du Conseil, Laurent Saint-Cyr, a été formellement bloquée ce mardi. Un conseiller contacté par un média de la capitale a été très clair : « il n’est pas question qu’un membre du CPT inculpé de corruption en assure la présidence. » Cette prise de position illustre le rejet croissant d’une élite politique qui cherche à se maintenir au pouvoir sans légitimité ni résultats tangibles. (source:Ratio Télé Métronome)
Ce n’est pas anodin si la Constitution et le décret portant création et fonctionnement du CPT sont cités pour contester cette manœuvre. Les articles 38 et 38.1 du décret précisent que le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026, et qu’il ne peut en aucun cas être prolongé. Pourtant, Smith Augustin voudrait que le Conseil bénéficie d’une prolongation de mandat afin qu’il puisse en devenir le président après cette date, à l’encontre du cadre légal établi.
Cette démarche va non seulement à l’encontre de la loi, mais elle soulève également des questions éthiques fondamentales. Comment un acteur politique inculpé de corruption peut-il prétendre diriger une institution censée conduire une transition démocratique majeure? Cette situation met en lumière l’urgence de renforcer l’éthique dans l’exercice des fonctions publiques et d’exiger des responsables qu’ils soient exempts de toute tache judiciaire ou morale.
De plus, selon des sources internes digne de confiance, Smith Augustin ne serait pas seul dans ce plan. Deux autres conseillers également inculpés pour corruption seraient, à ses côtés, favorables à cette stratégie. Cependant, la majorité des autres membres du CPT s’y oppose vivement, dénonçant non seulement l’illégalité de la manœuvre, mais aussi l’absence totale de résultats concrets produits par ces conseillers depuis le début de leur mandat.
En définitive, cette tentative de manipulation des règles et de maintien au pouvoir par des individus mis en cause pour corruption est un signal alarmant pour la société haïtienne. Plus que jamais, il est indispensable que les institutions respectent leurs propres textes et que les citoyens réclament transparence, responsabilité et intégrité de la part de ceux qui prétendent les représenter. Le temps est venu de mettre fin à de telles pratiques afin de permettre à Haïti de progresser vers une gouvernance véritablement démocratique et respectueuse de l’État de droit.



