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L’installation du directeur départemental du Nord-Est de l’INARA sabotée

Le processus d’installation du nouveau Directeur départemental de l’Institut National de la Réforme Agraire (INARA) dans le Nord-Est a connu, ce lundi 30 mars 2026, une surprise aussi inattendue que préoccupante. Le Tribunal de Première Instance de Ouanaminthe n’a pas été en mesure de recevoir la prestation de serment de Monsieur Antoine Jean-Louis, en raison de l’absence remarquée du Doyen Emilio Accimé, pourtant attendu pour présider cette formalité essentielle.

Cette défaillance institutionnelle a suscité une vive incompréhension, d’autant plus que plusieurs instances de l’État s’étaient mobilisées pour la circonstance. À cette minute, aucune explication officielle n’a été fournie par l’administration du tribunal, laissant planer un doute sur les motivations réelles de cette absence, perçue par certains comme un signal troublant au regard des enjeux fonciers dans la région.

En effet, la direction générale de l’INARA, sous la contrôle de l’agronome Armand Heberl, avait formellement saisi le tribunal, notamment le Doyen Emilio Accimé et le Commissaire du gouvernement Elisma Florvil, afin de garantir la tenue de cette prestation de serment. Malgré ces démarches administratives, l’initiative est restée lettre morte, accentuant le malaise autour du fonctionnement des institutions judiciaires locales.

Par ailleurs, cette situation survient dans un contexte particulièrement sensible pour les paysans du Nord-Est, souvent confrontés à des conflits fonciers et à des cas présumés de spoliation de terres. L’absence d’un responsable officiellement investi à la tête de l’INARA départemental risque de fragiliser davantage ces communautés, qui attendent de l’État une protection effective de leurs droits.

Enfin, il convient de souligner que le futur bureau départemental de l’INARA devait être installé dans la résidence de l’ancien colonel Alexandre, située à Prévoyance, dans la section communale de Savane-au-Lait. Toutefois, ce bâtiment fait actuellement l’objet de scellés judiciaires, suspendant les travaux d’aménagement. Ce nouvel épisode illustre, une fois de plus, les blocages structurels qui entravent la mise en œuvre des politiques publiques en Haïti.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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