
Apprécié par certains et considéré comme une bête noire par d’autres, notamment les autorités corrompues et irresponsables, ce professionnel très actif dans les médias en particulier sur les réseaux sociaux où il est fondateur du média en ligne « Lakay News TV » possède un parcours façonné par des défis permettant d’éclairer la rigueur de son caractère en tant que juriste, journaliste d’opinion et enseignant.
En effet, Jean Rony Augustin est né le 20 septembre 1983 à Port-au-Prince, dans une famille modeste mais attachée aux valeurs de solidarité et de travail. Sa mère, Bernadette Destin, commerçante et cultivatrice, et son père, Apolon Augustin, lui ont transmis l’importance de la discipline et du respect. Très tôt, il a passé une partie de son enfance chez ses grands-parents paternels, une période marquée par l’affection et l’éducation traditionnelle.
Dès ses premières années, Jean Rony a vécu une enfance partagée entre Haïti et la République Dominicaine. Sa mère l’avait emmené avec elle de l’autre côté de la frontière alors qu’il n’était qu’un bébé, avant de revenir chez sa grand-mère a trois (3) ou il avait passé huit (8) ans. À onze ans, il est retourné vivre auprès de son père dans la capitale (Port-au-Prince), où il a poursuivi sa scolarité.
Sur le plan académique, Jean Rony Augustin a débuté sa scolarité à l’École Nationale de Welsh (1ère section communale de Capotille), puis a poursuivi ses études primaires et secondaires dans différents établissements de Port-au-Prince, tels que le Collège Gamaliel d’Haïti, le Collège Immaculée Conception et le Centre Pédagogique Sapiens. Plus tard, il s’est installé à Ouanaminthe où il a terminé son cycle secondaire (NS1-NS4) au Centre d’Enseignement Classique Le Phare.
Cependant, depuis son enfance, il a nourri le rêve de devenir médecin, un idéal qui représentait pour lui la plus haute aspiration. Toutefois, les contraintes économiques et l’absence d’un soutien familial solide l’ont empêché d’envisager sérieusement cette voie. Le manque d’opportunités ainsi que les difficultés de la vie l’ont conduit à repenser ses choix et à redéfinir son orientation.
C’est dans ce contexte qu’il a découvert une véritable passion pour la communication et les sciences juridiques, encouragé par l’éloquence des professionnels de ces domaines ainsi que par leur accessibilité relative dans son environnement immédiat. Arrivé à l’université, son parcours est marqué par la diversité. En 2009, il a entamé des études en sciences du développement, interrompu à cause de certaines difficultés avant de s’orienter vers le Droit à l’Université d’État d’Haïti de Fort-Liberté.
En parallèle, il s’est formé en informatique bureautique, en journalisme et communication, en photographie et vidéographie, ainsi qu’en mécanique industrielle à la Compagnie de Développement Industrielle (CODEVI). Polyvalent, il a également acquis des compétences en électromécanique, électricité, coiffure et peinture.
Curieux et avide de découvertes, Jean Rony s’est très tôt intéressé aux activités artisanales. Il observait ses cousins tresser des chaises, fabriquer des chapeaux et travailler la paille, puis il reproduisait leurs gestes à travers la confection de certains objets avec succès. À seulement neuf ans, il avait déjà développé un intérêt pour la coiffure, allant jusqu’à couper les cheveux des camarades de son age et même ceux de son grand-père à dix ans.
Sur le plan professionnel, Jean Rony a choisi le journalisme et la communication comme vocation principale. Son entrée dans le domaine s’est faite lors d’une campagne électorale, où ses talents de communicateur ont été remarqués. Entre 2017 et 2023, il s’est imposé comme animateur et journaliste à la radio Wanavision 88.9 FM de Ouanaminthe, aux côtés de figures reconnues du métier. Malgré les critiques initiales sur son timbre de voix, jugé trop efféminé dès le début, il a gagné en assurance et s’est affirmé comme une voix respectée.
Aujourd’hui, il est le présentateur vedette de l’émission « Ann Pale Peyi » diffusée sur les ondes de la radio Alliance 106.5 FM, et co-animateur de l’émission « Koze Mande Tichèz » sur la radio Canarie 98.3 FM. Parallèlement, il travaille comme cameraman pour l’institution « Ayiti Bòlèt » et enseigne dans plusieurs établissements scolaires.
Juriste de formation, il n’a pas encore présenté son mémoire de fin d’études, mais cela ne l’empêche pas de donner des conseils et des consultations juridiques à titre gratuit au profit de son entourage et des membres de sa communauté. Son engagement se traduit par une volonté constante de mettre ses compétences au service des autres.
Outre ses formations académiques et techniques, Jean Rony nourrit une passion profonde pour la musique. Depuis l’enfance, il s’intéresse aux rythmes, aux tonalités et aux messages transmis par les chansons. Il a appris à jouer de la guitare et développe une compréhension fine de la structure musicale. Pour lui, la musique est bien plus qu’un art : c’est une forme d’expression universelle qui élève et inspire.
Ses centres d’intérêt ne s’arrêtent pas à la musique. Amant dans l’âme de la lecture et du sport (Football et Basketball ), il éprouve plus de plaisir à les regarder au lieu de les pratiquer. Il apprécie les loisirs en plein air, notamment les sorties à la plage ou au bord de la mer. Ces activités lui permettent de trouver un équilibre entre le travail exigeant et les moments de détente nécessaires à son bien-être.
Observateur attentif de la société, Jean Rony dénonce la crise de crédibilité que traverse la presse haïtienne, fragilisée par la politisation et l’arrivée de pseudo-journalistes profitant des réseaux sociaux. Pour lui, les médias devraient jouer un rôle constructif dans le changement social plutôt que de servir de caisse de résonnance des propagandes politiques. Il rêve également de voir Ouanaminthe devenir une ville moderne et organisée, capable de rivaliser avec Dajabón, sa voisine dominicaine.
Enfin, son message à la jeunesse est clair : l’avenir d’Haïti dépend d’elle, mais plus encore, son présent. Il appelle les jeunes à prendre leurs études au sérieux, à apprendre un métier, à se détourner de la corruption et à préserver leur santé physique et mentale. « Chaque fois que la vie d’un jeune s’améliore, c’est un pas de plus pour toute la communauté », affirme-t-il, convaincu que la relève repose sur une génération consciente et responsable.



