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Quand Luis Abinader joue au président de l’île

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président dominicain Luis Abinader a déclaré avec insistance: «on ne peut blâmer aucun État de défendre ses frontières». Cette affirmation, faisant directement référence à la crise haïtienne, révèle un ton défensif mais aussi une stratégie politique visant à se présenter comme celui qui aurait la plus grande légitimité pour parler au nom de toute l’île. Il a répété que la situation en Haïti constitue  une menace grave pour la paix et la stabilité régionales. Il souligne l’effondrement institutionnel et la violence extrême dominée par des gangs qu’il a classés comme terroristes.

Dans un ton d’urgence, Abinader a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de transformer l’actuelle Mission multinationale d’appui à la sécurité en une force plus robuste, avec un commandement renforcé, des objectifs clairs avec un appui logistique direct de l’ONU. « Chaque jour d’inaction nous éloigne d’une solution pour la crise. Agissons maintenant !» a-t-il averti. Mais derrière ces mots, de nombreux observateurs voient dans ces démarches une volonté de la part du président Abinader de s’imposer comme leader régional, une posture qui dépasse largement le cadre de la souveraineté dominicaine qu’il prône.

Abinader n’a pas manqué de remercier des pays comme le Kenya, la Jamaïque, le Belize, les Bahamas, le Guatemala et le Salvador pour leur engagement, tout en saluant l’appui financier des États-Unis et du Canada. Il a toutefois reconnu que le déploiement actuel n’a pas encore atteint l’échelle nécessaire pour remplir les objectifs fixés. Ses interventions révèlent clairement sa volonté de guider l’agenda international sur la crise haïtienne.

Ces déclarations, habilement présentées, apparaissent comme une stratégie destinée à cacher ses véritables intentions dans le dossier haïtien, où il a insisté sur le fait que la crise haïtienne dépasse toute capacité nationale et exige une réponse collective régionale. Une manière très subtile d’imposer sa voix comme s’il avait la légitimité de parler au nom des deux peuples de l’île.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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