
Le nouveau conseil municipal de Ouanaminthe s’attire déjà de vives critiques. À peine installé, il est accusé d’avoir franchi une ligne rouge en procédant à la destruction d’une clôture privée dans la nuit du mardi 30 septembre 2025 sans aucun préavis, au mépris des règles élémentaires de droit. Un constat officiel a d’ailleurs été réalisé ce mercredi 1er octobre 2025 par le juge de paix Beaumanois Marcellus, en présence de la famille propriétaire, représentée par son avocat.
L’affaire concerne la famille de M. Céligny Pierre (Wilmain), dont l’entrepôt est situé aux abords du marché de Ouanaminthe. Sous prétexte de désengorger les trottoirs et de curer les canaux de drainage, la mairie aurait ordonné, en pleine nuit, la démolition des clôtures protégeant le bâtiment. Une action menée sans avertissement préalable et sans respecter la procédure légale, exposant ainsi la propriété privée aux risques d’intrusion et d’actes criminels.
Pour les victimes, il ne s’agit pas d’un simple excès de zèle administratif, mais d’un abus caractérisé. La famille Pierre souligne que cette démolition ne répond à aucune décision municipale dûment notifiée et accuse le conseil municipal d’agir avec une légèreté coupable. Cette méthode brutale témoigne d’une absence de respect pour le droit à la propriété, pourtant garanti par la Constitution.

L’histoire est d’autant plus choquante que, par le passé, la même famille avait consenti un sacrifice au profit de la collectivité. Elle avait cédé une portion de terrain à l’ancien conseil municipal, dirigé alors par l’ex-maire Luma Démétrius actuellement en détention pour son implication présumée dans des actes de corruption, afin de percer cette tronçon de route. En échange, la mairie s’était engagée à reconstruire la clôture détruite. Une promesse qui n’a jamais été honorée, contraignant la famille Pierre à financer elle-même les travaux.
Aujourd’hui, c’est cette même clôture reconstruite à leurs frais qui a de nouveau été démolie, cette fois par le nouveau conseil. Une double injustice, qui soulève de sérieuses interrogations sur la bonne gouvernance municipale. La famille estime que, si elle avait été avertie, elle aurait pu retirer ses grilles et barrières afin d’éviter ces pertes matérielles considérables.

Pire encore, les tentatives de dialogue entreprises par la famille avec les autorités locales se sont soldées par des moqueries à peine voilées. Une attitude méprisante qui alimente leur colère et pousse désormais les plaignants à porter l’affaire devant les tribunaux. Une sommation officielle contre la mairie devrait être délivrée dans les prochaines heures.
La famille Pierre précise néanmoins qu’elle n’est pas opposée aux initiatives visant le développement et l’assainissement de la ville. Mais elle exige que ces actions soient conduites dans le respect de la loi. Elle entend réclamer réparation et dommages-intérêts pour les dommages subis.
Cette affaire illustre une fois de plus le manque de professionnalisme et de transparence administrative des autorités municipales de Ouanaminthe. Agir au nom de l’intérêt collectif ne saurait justifier la violation des droits individuels. Si le nouveau conseil souhaite restaurer la confiance des citoyens, il devra apprendre que le développement durable ne peut s’accomplir que dans le strict respect de la légalité mais non dans le clientélisme et l’amateurisme.




