
À 32 ans, Bardis Spenceur Celestin s’impose comme une figure polyvalente du Nord-Est. Enseignant, journaliste, cadre à l’OFATMA et militant politique, il conjugue passion des sciences humaines et sens de l’engagement. Portrait d’un homme qui croit à la force des idées et à la responsabilité citoyenne.
Né au Centre Médico-social de Ouanaminthe le 23 Avril 1993, fils d’Elianie Jean-François, commerçante reconnue, et de Lucien Celestin, maître ébéniste respecté, Bardis Spenceur Celestin possède un itinéraire académique, professionnel et citoyen très inspirant.
Dès son enfance, l’éducation a occupé une place centrale. Après ses débuts au jardin d’enfants Rose Marie, il a poursuivi ses études primaires et secondaires au Collège Oswald Durand et au Lycée Bookman Cap-Haïtien. Plus tard, il a intégré la Faculté d’Ethnologie, l’École de la Culture et de la Communication (ECC), puis l’Université Jean Price Mars où il etudie les sciences juridiques. Un cheminement académique qui traduit son profond intérêt pour les sciences humaines et la communication.
Sur le plan professionnel, Celestin incarne la polyvalence. Il a enseigné les sciences sociales au niveau fondamental et secondaire à l’Institution Philadelphie, tout en s’orientant parallèlement vers le journalisme et l’animation radiophonique sur les ondes de Radio Télévision Idole (RTI). Sa fonction de directeur de la salle des nouvelles de la RTI a marqué un tournant majeur dans son engagement médiatique. Aujourd’hui, il occupe le poste de responsable des ressources humaines à l’OFATMA pour le département du Nord-Est.
Sa vie ne se résume pas qu’au travail. Passionné de lecture, de musique, de littérature et de cuisine, il avoue que s’il devait réorienter sa carrière, il choisirait de développer ses compétences dans l’art culinaire, un domaine qui l’attire profondément. Néanmoins, il demeure convaincu que ses choix actuels sont portés par son amour pour les sciences humaines et la communication, qui nourrissent encore sa carrière.
Au cours de l’interview, Celestin a évoqué avec fierté ses débuts dans le journalisme, grâce à un stage réalisé auprès de Rosny Petit, journaliste vétéran, animateur de l’émission «De tout cœur, à cœur ouvert» . Son meilleur souvenir professionnel, dit-il, reste sa contribution à la construction du canal de la plaine Maribarou, un projet d’envergure pour la population. Contrairement à d’autres, il confie ne pas avoir connu de mauvaises expériences marquantes au fil de son parcours professionnel.
Sur l’évolution de la presse haïtienne, il rappelle qu’à l’époque de ses débuts, le journalisme bénéficiait d’une plus grande notoriété et était perçu comme une institution sacrée. Aujourd’hui, selon lui, les pratiques doivent être repensées, dans un contexte où les médias font face à un défi crucial de crédibilité. Quant à sa communauté, il la décrit comme diversifiée et en constante mutation malgré la complexité de son évolution.
Bardis Spenceur Celestin n’est pas seulement un professionnel accompli, c’est aussi un militant engagé. Membre actif du parti Émergence Patriotique, qui existe depuis plus de quinze ans, il a déjà exercé la fonction de coordonnateur national du conseil de la jeunesse du parti pendant deux ans. Actuellement, il est coordonnateur départemental pour le Nord-Est. Son engagement s’est également illustré à travers des mouvements tels que Petro Challenger, Collectif Jeunes Suicidaires ainsi que le Regroupements d’Étudiants et d’Organisations Progressistes.
Enfin, son message à la jeunesse se veut porteur d’espérance et de responsabilité : « L’avenir n’est pas demain, il est aujourd’hui », insiste-t-il. Pour lui, chaque geste, aussi minime soit-il, peut améliorer les conditions de vie personnelle et collective. Dans sa vision, il souhaite contribuer à la construction d’une génération consciente à travers un « contre-projet politique », tout en restant disponible pour servir son pays en tant que technicien.




