EDITORIALPOLITIQUE

Smith Augustin, plus jeune conseiller du CPT mais champion des scandales

Dans trois jours, le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) arrivera à son terme, scellant l’échec d’une expérience censée remettre Haïti sur les rails de la gouvernance et de la stabilité. Composé de neuf membres, tous détenteurs de diplômes universitaires et pour certains anciens hauts fonctionnaires de l’État, le CPT disposait, en théorie, des compétences nécessaires pour répondre aux attentes d’un pays à genoux. En pratique, il aura surtout incarné une faillite collective, incapable d’offrir la moindre réponse crédible à la crise multidimensionnelle qui ravage la nation.

Du plus âgé au plus jeune, aucun conseiller n’a su se hisser à la hauteur de la mission historique qui lui avait été confiée. Mais s’il fallait désigner un symbole de ce naufrage institutionnel, le nom de Smith Augustin s’impose avec insistance. Le plus jeune membre du CPT est aussi celui dont le parcours au sein de l’organe de transition est le plus lourdement chargé de controverses, au point de devenir un fil conducteur de presque tous les scandales ayant émaillé ce mandat.

Du dossier sensible de la Banque Nationale de Crédit (BNC) aux nominations jugées douteuses dans la diplomatie haïtienne, en passant par des accusations persistantes de pots-de-vin, Smith Augustin apparaît comme un acteur central d’une gouvernance trouble et opaque. Son nom revient avec une régularité inquiétante dans les affaires qui ont miné la crédibilité du CPT, renforçant le sentiment d’impunité et de dérive morale au sommet de l’État.

Sous le règne du Conseil présidentiel de transition, le pays a sombré davantage dans le chaos, tandis que la corruption atteignait un niveau paroxystique. Loin d’être un simple échec technique ou conjoncturel, ce bilan révèle une crise profonde de leadership, où les ambitions personnelles et les arrangements douteux ont pris le pas sur l’intérêt général. Le cas Smith Augustin illustre crûment cette dérive : une jeunesse politique qui, au lieu d’incarner le renouveau, s’est illustrée par la reproduction des pires pratiques du système.

À l’heure où le CPT s’apprête à tirer sa révérence, une question demeure centrale : comment un organe composé d’hommes instruits, expérimentés et investis d’une mission exceptionnelle a-t-il pu échouer aussi lourdement ? L’éditorial annoncé sous le titre évocateur « Dehors les pilleurs » résonne déjà comme un verdict sans appel. Il rappelle surtout une exigence fondamentale, Haïti ne pourra se relever sans une rupture franche avec la culture du scandale, de la prédation et de l’irresponsabilité politique.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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