
Renan Hédouville, ancien protecteur du citoyen d’Haïti recherché pour corruption, a été expulsé jeudi vers Cap-Haïtien à bord d’un vol charter affrété par l’ICE. L’avion, parti d’Opa-locka en Floride avec 78 personnes à bord, a atterri en fin de matinée. L’ancien haut responsable avait été arrêté le 25 août à Montgomery, en Alabama, et avait demandé un retour volontaire dans son pays.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a annoncé le vol sur X peu avant le départ, illustrant sa publication d’une photo de personnes menottées se dirigeant vers l’appareil. Ce vol s’inscrit dans une série de mises en scène médiatiques de l’ICE autour des expulsions haïtiennes, après la diffusion la semaine précédente d’une vidéo controversée montrant des expulsés enchaînés.
Avant sa fuite vers les États-Unis, Hédouville faisait l’objet d’une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour entrave à la justice et passation de marchés illégaux. Il lui était notamment reproché d’avoir réclamé 127 630 dollars pour des missions fictives et d’avoir rémunéré sa fille et son ex-gendre. Les faits présumés remontent à la période 2019-2024, lorsqu’il dirigeait l’Office de la protection du citoyen (OPC).
Ayant refusé de coopérer avec les enquêteurs et poursuivi l’agence en justice, Hédouville avait vu la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) émettre un mandat d’arrêt contre lui. Selon l’ICE, il était entré légalement aux États-Unis le 4 mai 2025 mais n’avait pas quitté le territoire dans les délais prévus par son admission.
Son retour intervient alors que les autorités de transition ont adopté un décret controversé soustrayant les hauts responsables gouvernementaux aux poursuites devant les tribunaux de droit commun. En Haïti, où gangs et insécurité continuent de s’étendre, une question hante les esprits avisés: Hédouville sera-t-il placé en garde à vue ou autorisé à regagner son domicile ?



