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En dépit de son bilan catastrophique, le CPT réclame des centaines de milliers de dollars US comme prime de départ

Alors que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle sans précédent, une révélation troublante et impensable vient raviver l’indignation publique. Selon des informations confirmées par une source officielle, des membres du conseil présidentiel de transition (CPT) exigeraient du trésor public haïtien une indemnité de départ comprise entre 500 000 et 600 000 dollars américains, à percevoir après le 7 février 2026. Certains conseillers auraient même réclamé des montants encore plus élevés. (Source radiotélé Métronome)


Cette information, initialement évoquée par le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a depuis été confirmée par plusieurs médias de la capitale. Plus grave encore, selon la même source, des conseillers présidentiels menaceraient d’évincer le Premier ministre s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Une posture assimilable à un chantage politique, dans un contexte où l’État est à genoux financièrement et la population survit dans la précarité la plus totale.


Ces revendications financières surviennent dans un climat de bilan quasi inexistant du CPT. En effet, aux termes de l’Accord politique du 3 avril 2024, la mission fondamentale du Conseil présidentiel de transition reposait sur plusieurs piliers essentiels :


1-l’organisation de la Conférence nationale,
2-la réforme constitutionnelle,
3-la tenue d’un référendum,
4- l’organisation d’élections crédibles,
5- et surtout, la restauration de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.


À ce jour, aucun de ces engagements n’a été concrétisé. La Conférence nationale reste au stade de promesse, la réforme constitutionnelle est inexistante, le référendum et les élections sont toujours hors du calendrier, tandis que l’insécurité continue de s’étendre, transformant quartiers, routes et villes en zones de non-droit. Le CPT n’a ni rétabli l’autorité de l’État ni apporté une réponse structurelle à la crise sécuritaire.


Dans ce contexte, la volonté de certains conseillers présidentiels de s’octroyer des primes de départ colossales apparaît comme une provocation morale et politique. Elle soulève de sérieuses interrogations sur la conception de la gouvernance, du service public et de la responsabilité politique au sommet de l’État. Peut-on raisonnablement réclamer des indemnités aussi élevées sans avoir livré le moindre résultat tangible à la nation ?


L’opinion publique, déjà éprouvée par la misère, l’insécurité et l’effondrement des services de base, peine à comprendre comment des dirigeants de transition peuvent envisager de quitter leurs fonctions les poches pleines, alors que le pays qu’ils prétendaient redresser demeure plongé dans le chaos. Pour beaucoup, cette initiative ressemble à un autre braquage des ressources publiques, comme ce fut le cas du scandale de la BNC.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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