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Quand Santiago Rivéron, le maire de Dajabón, méprise les commerçants haïtiens et les autorités haïtiennes restent silencieuses

Lors d’une réunion récente au bureau de la douane de Dajabón, convoquée par la gouverneure Licda Severina Gil Carreras pour discuter du commerce entre Dajabón (République dominicaine) et Ouanaminthe (Haïti), le maire principal de Dajabón, Santiago Riverón, a tenu des propos méprisants envers les petits commerçants haïtiens. Il a déclaré que ces derniers devraient rester chez eux dans le marché frontalier de Ouanaminthe, affirmant que les dominicains n’achètent pas leurs produits, et que leur présence encombre cet espace commercial très  lucratif à ses yeux.

Ce discours, empreint de condescendance, reflète une volonté de marginaliser les commerçants haïtiens, réduits à de simples consommateurs dans un marché prétendument binational. Il est inacceptable que de telles déclarations soient faites sans réaction de la part des autorités haïtiennes présentes. 

La délégation haïtienne, composée notamment de M. Dionel Germain, délégué départemental du Nord-Est, de M. Albert Pierre Paul, de Me Evans Fils, du directeur départemental du ministère du Commerce et de l’Industrie M. Lesly Théogène, ainsi que des responsables de la POLIFRONT, de l’immigration et du commissariat de Ouanaminthe, est malheureusement restée silencieuse face à cette insulte humiliante.

Ce silence complice est une trahison envers les commerçants haïtiens qui, malgré les difficultés économiques et l’instabilité politique, continuent de participer activement au commerce transfrontalier. Le marché de Dajabón, bien que situé en territoire dominicain, est un espace d’échange vital pour de nombreux haïtiens, qui y achètent des denrées alimentaires, des médicaments et d’autres produits essentiels. Le mépris affiché par le maire Riverón, combiné à l’inaction des autorités haïtiennes, met en péril cette dynamique commerciale cruciale pour les deux pays.

Il est impératif que les autorités haïtiennes prennent position et défendent les droits et la dignité de leurs citoyens. Le commerce transfrontalier doit être basé sur le respect mutuel et la coopération, et non sur la domination et l’humiliation. Les propos du maire de Dajabón ne doivent pas rester sans réponse, et des mesures concrètes doivent être prises pour garantir un traitement équitable des commerçants haïtiens dans le cadre du marché binational.

En conclusion, cette situation met en lumière la nécessité urgente d’une refondation des relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine, basée sur le respect, l’équité et la reconnaissance mutuelle des contributions de chaque partie. Les autorités haïtiennes doivent assumer leurs responsabilités et veiller à ce que leurs citoyens ne soient plus jamais traités avec un tel mépris.

ACCILIEN JACKENSON

Agronome/Politologue/Journaliste

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