
Né au cœur du Nord-Est d’Haïti, dans la commune historique de Trou-du-Nord, Lesly THEOGÈNE s’impose aujourd’hui comme l’une des figures administratives montantes de la nouvelle génération de cadres publics du pays. Ingénieur en Développement et actuel Directeur Départemental Nord-Est du Ministère du Commerce et de l’Industrie, il incarne une trajectoire faite de discipline familiale, de sacrifices personnels, d’engagement social et de vision nationale.
Lesly THEOGÈNE a vu le jour le 31 janvier 1988, dans une famille connue et respectée de Trou-du-Nord. Il est le fils de Alina ACCIMÉ et de feu Marc Ducheine THEOGÈNE, ancien directeur de l’École Nationale de Dilaire, figure d’autorité et propriétaire foncier dont le nom s’immortalise à travers une agglomération de la ville de Trou-du-Nord surnomme « site Marc Ducheine ».
Dans cette grande famille où l’amour se partage comme le pain quotidien, Lesly est l’avant-dernier des six enfants de sa mère, parmi les quinze héritiers de son père. Dix sœurs, quatre frères, un univers fraternel foisonnant, où la parole et la discipline tressaient les valeurs familiales. Fils surveillé, enfant protégé, il fut aussi un fils chéri. « Pitit adore papa m », considéré comme l’écho tendre de son enfance le rappelle.
Privilégié, oui, car sa lignée portait respect et terres fertiles. Mais plus encore, privilégié d’amour et d’éducation stricte, que ce soit du côté de son père ou de sa mère. Dans la ville de Trou-du-Nord, son nom résonnait déjà et son enfance se mêlait à la poussière d’une terre nourricière, sous le regard attentif d’un village entier.
Ses premiers pas vers le savoir debutèrent à l’École des Frères Saint-Dominique Savio de Trou-du-Nord, avant que son adolescence s’épanouisse au Collège de l’Etoile de Ouanaminthe (2001-2008). Puis, la capitale l’accueillit au sein de l’Université Polyvalente d’Haïti (UPH), Port-au-Prince, oú il etudie la Science du Développement et de l’Environnement (2008-2012). Et plus tard, mû par la soif de diplomatie et d’ouverture sur le monde, il poursuivit des études en science politique à l’Institut de Diplomatie et des Relations Internationales (IDRI) du Cap-Haïtien (2021 à nos jours).
Son enfance, il nous la raconte comme un poème de liberté. Les journées à courir dans le jardin familial à « dekoridò », le rire en croquant les mangues et oranges douces, les baignades interdites à la rivière. Un jour inoubliable où son père, défendant l’ordre familial, ramassa leurs vêtements, laissant la bande de garçons trembler sous le soleil à la berge de la riviere, honteux mais amusés. Ou encore ces parties de domino interrompues par un fouet paternel, rythmées par cette phrase : « manje, manje, manje bann sanzave ! », a-t-il raconté avec un air ironique. Une jeunesse haute en couleurs, tendre et rebelle.
Voyageur de l’esprit et du monde, Lesly accumula une multitude de formations. D’abord, à La Havane, Cuba, avec la Brigade haïtienne Antenor Firmin, janvier 2022. À Dajabon, République Dominicaine, sur le derecho de participación avec le PADF, février 2022. Puis Lima, Pérou, au IVe Congrès International des Jeunes Politiciens, novembre 2022. Cancún, Mexique, janvier 2023, pour la « 13th Global Conference on Business Management and Economics ». Et bien sûr, des cours en ligne dont le Séminaire sur le Leadership de sur «4 Ekselans». Prix Nobel «The human rights Nobel peace award», Miami 2025.
Son parcours professionnel reflète une marche patiente et déterminée. Informaticien à Roosevelt’s Computer Services (2006-2008), Directeur du Collège de la Lumière de Ouanaminthe puis Censeur du Collège sur le Rocher (2014-2015). Responsable du même orphelinat en 2015-2016. Coordonnateur de terrain pour un projet de drainage avec la Société Caribéenne des Eaux et de l’Environnement (SOCCAE) dans l’Artibonite (2016). Présentateur de l’émission « ANBAKE POU CHANJE » sur les ondes de la Radio Maguana 102.9 FM (2017-2018). Assistant Dñdirecteur départemental du Nord-Est du MCI (2019-2022). Et depuis mars 2022, directeur départemental Nord-Est du Ministère du Commerce et de l’Industrie, fonction qu’il remplit avec honneur.
Passionné de débats et de lectures, il fait parfois des « live sur les réseaux sociaux » pour vendre sa vision. Humaniste dans l’âme et l’esprit, il trouve du plaisir à partager une partie de son salaire qu’il considère comme une sorte de mission visant à atteindre les plus vulnérables, surtout les résidents de la maison des retraités « Du Bon Samaritain ».
Pourtant, la vie ne l’avait pas initialement destiné à être ingénieur en développement. Il rêvait d’etre médecin ou agronome, suivant le désir de ses parents. Mais l’échec à l’examen d’entrée à l’UEH a tout basculé, mais une demi-bourse à l’UPH lui traça un chemin inattendu. À Port-au-Prince, la réalité était dure, la vie chère, mais la volonté était tenace. Entre cours à la Faculté d’Ethnologie avec ses compagnons Labonté Kenson et Edely Prophète, et « 15 Gourdes pou un plat du jour », il arma son intelligence et son ambition.
Un jour, guidé par un mentor, son ancien professeur de sciences sociales Volvick Pierre « Mèt Bolo », il choisit le développement plutôt que l’agronomie. « Ayiti se yon peyi pòv ki bezwen èspesyalis nan kesyon devlòpman ak popilasyon », lui dit-on. La vision devient vocation. Et depuis, il poursuit aussi des études en science politique, pour renforcer encore son esprit et sa capacité d’action.
Serviteur de l’État, patriote assumé, il marche avec honneur mais sans illusions. «Leta pa ankourajan », admet-il. Pourtant, il continue de faire son boulot de son mieux. Plus qu’un rêve, c’est une conviction d’aspirer à la Présidence d’Haïti . «Moun ki pase yo pa pi bon pase m ni yo pa gen pi gwo vizyon ni pi renmen peyi pase m », dit-il, non par orgueil mais par conviction que l’amour de la patrie, la vision et la dignité sont des armes plus puissantes qu’un nom sur une affiche. Selon lui, depuis 1986, ceux qui se sont succédés font pâles figures quant à leur mission face à la grandeur historique de cette nation.
À la jeunesse d’Haïti, il adresse un vibrant message clair comme l’aube du printemps : « une nation se construit par la connaissance, le travail, l’entrepreneuriat. Il ne faut pas rester les bras croisés, car l’économie est le moteur du développement. Et même si le pays souffre, l’espoir n’est pas encore enterré, il vit encore dans chaque esprit qui refuse la résignation et choisit la dignité ».



